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Tu es en retard

Vite, vite
Dare-dare
Tu es en retard
Ce n’est pas la première fois
Que tu arrives le deuxième
J’étais là avant toi
J’ai dû attendre

Vite, vite,
Dare-dare
Tu me sort plein de choses
Le trafic, les embrouilles
Les trucs dont je me bats les couilles
Que tu penses être des excuses valables
Excuses minables
Excuses pitoyables
Excuses lamentables
M’en bats les couilles sur la table

Ce que tu me dis
L’essence de ton retard
C’est que ton temps
Est plus important
Que celui que j’ai passé
À t’attendre
J’ai dû attendre

Où alors tu veux me montrer
Que tu ne sais pas t’organiser
Que tu es un artiste, un « créatif »
Qui dépasse la dimension temporelle
Alors que c’est le temps qui te dépasse
Peu importe les bouchons
Les voitures, les camions
Les motos à contresens
Les stations-essences
Qui t’ont empêché d’être à l’heure
(il faut toujours un coupable)
Tu es seul responsable
Excuses lamentables
Minables, pitoyables
Mais tu préfères me mentir
Nous mentir
Te mentir
Et sortir
Des excuses bidons
Vides de sens
Bidons d’essence

Où alors tu veux me révéler
Le peu de respect que tu as pour moi
Tu as un problème – quel est ton problème – quel est-il – dis-le moi
Tu as peur de me le dire
Ou tu n’as pas le courage de me le dire en face
Et tu crois que ça va résoudre les choses
D’éviter, éviter, éviter
Évite, évite, évite!
Vite, vite, vite, tu es en retard.

 

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Dreamland

« [A]ll the usable water energy in Iceland would be enough to power a half of the household electrical equipment that is not in use in American homes. Or to put it another way: by harnessing every ounce of hydropower in Iceland, you get enough to provide for 50 per cent of NOTHING in the USA. »(p. 212)

ou

« Toute l’énergie hydraulique utilisable en Islande suffirait à alimenter la moitié de la consommation des appareils électriques en veille dans les maisons étasuniennes. Pour le dire en clair: en exploitant jusqu’à la dernière goutte d’énergie hydro-électrique en Islande, on arrive à fournir 50% de RIEN aux États-Unis. »

J’ai eu la chance de séjourner en Islande lors de l’été passé (avant l’éruption de l’Eyjafjöll) et d’y lire le bouquin « Dreamland » d’Andri Snaer Magnason. Celui-ci y discute les récents débats entre l’ancien gouvernement de droite qui voulait installer des usines hydro-électriques sur pratiquement tous les cours d’eau, et les opposants écologistes qui voyaient là une grave atteinte à l’environnement. Plus près de chez moi, ce sont les éoliennes de Ste-Croix (Suisse) qui soulèvent un vent d’opposition.

Mon avis en matière de politique énergétique est donc très claire: avant de parler de construction de nouvelles centrales, de parc éolien ou de biogaz, il faut se poser la question des économies que nous pouvons réaliser.

Décroissance!

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Reprise des hostilités

Tout d’abord, bonne année 2011.

Et la santé, surtout!

Ensuite, j’espère que vous avez passé de bonnes fêtes de fin d’année, que vous vous êtes jeté sur le foie gras avec nonchalance, sur les desserts avec appétit et sur le champagne avec sobriété.

Je tenais à partager une prise de conscience qui m’a frappé comme un forgeron son enclume, alors que j’étais en train de regarder les bras croisés un bêtisier sur une chaîne de télévision.

J’adore les bêtisiers, ces journalistes qui perdent le fil de leur pensée, ces démonstrateurs qui perdent la maîtrise de leurs animaux, ces politiciens qui perdent leur sérieux et ces grands-mères qui perdent leur dentier en répondant à la caméra. Ça me remplit de joie, ces grands moments d’imprévus qui s’invitent dans la chorégraphie bien réglée de la télévision. C’est un peu comme du Beckett impromptu, ça m’excite total grave.

Cette année, j’étais frappé par l’augmentation de vidéos (de mauvaise qualité) provenant du Net. Je subodore que la télé a très peur de se faire distancer par le « nouveau » média des jeunes (les récentes études de marché montrent que c’est  le cas). Mais ce n’est pas tout: dans le même bêtisier, je découvre aussi des vidéos d’émission de radios (si, si, ça existe), qui sont postées sur le Net puis relayées à leur tour à la télévision.

Alors qu’on mélange les médias, je veux bien. Moi, je suis pas farouche, tout me va au départ. Et puis, c’est vrai, la TV n’a pas attendu le Net pour faire des revues de la presse écrite, des « digests » des magazines. Tant que ça sert à trier l’info, moi je veux bien. Mais je pense sincèrement que cette espèce de fusion croissante du Net et de la télé, des nouveaux médias en général, c’est un signe de plus que le contenu est en train de s’appauvrir. Un média fait du bruit, amplifié par un autre média, et on a ce que les jeunes appellent du « buzz ».

Ça ressemble à s’y méprendre à ce que j’appellerai volontiers du « Larsen médiatique »: quand une info commence à tourner sur elle-même, sans que les journalistes ne parviennent à la décoder, à l’analyser, à l’expliciter. Ça m’avait frappé lors du traitement du 11 septembre. La TSR avait 3 (misérables) séquences vidéos (amateurs) de l’attentat, et parvenaient à nous tenir (tu parles) en haleine pendant une émission de 120 minutes. Là, pardonnez-moi messieurs-dames, mais on n’est plus dans la glose, on est dans une cacophonie monstre (là encore, ce que les jeunes appellent du « buzz »).

Et moi, derrière ce tout petit mot, je ne vois pas grand chose de plus qu’un battement effréné pour brasser de l’air, pour brasser du vent.

Le vent se dirige vers le midi, tourne vers le nord; puis il tourne encore, et reprend les mêmes circuits.
L’Ecclésiaste, 1:6

Ah, nom de bleu, la Bible ça fait parfois du bien.

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Écriture

Le maître du monde

Quand je serai maître du monde
Crânant sur un trône de fer
Roi de l’horreur et de l’immonde
Tyran des cieux et de l’enfer

Je promulguerai plus de mille
Lois pour supprimer tous les cons
Les sots, les nuls, les imbéciles
Les homoncules trop abscons

J’interdirai cette inconscience
Qu’aveugle le triste « œil pour œil »
Et ne permettrai la violence
Que pour combattre mon orgueil

J’immolerai les militaires
Dans leurs cartouches en fusion
J’étoufferai les nucléaires
Sous leur infâme pollution

Le prêtre qui tonnait la haine
Sera foudroyé sous mon poids
Et tous les rois, toutes les reines
Crèveront sous mon regard froid

Enfin, lorsque mon impatience
S’essoufflera par trop d’efforts
Le vent fera vœu de silence
J’exhalerai mes derniers sorts

J’érigerai de nouveaux rites
De tendresse et de chants d’amour
À la louange de nos mythes
Et faiblesses de tous les jours

Nos peurs se seront évanouies
Tout ne sera plus que plaisir
Désir et parfaite harmonie
Pour lâcher un dernier soupir

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Théâtre des CFF (2)

Entendu dans le Regio Aubonne-Lausanne, mercredi 3 mars 2010, vers 17h00:

– Ouais, ben y a quand même pas mal d’étrangers, en Suisse.

– ‘Y en a trop, ouais.

– Ouais mais ‘y en a partout, tu sais.

– Tu dis?

– À l’étranger, ‘y en a aussi beaucoup.

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Actualité

Celui qui pisse le plus loin

Aujourd’hui, Dubaï s’apprête à inaugurer une tour de 800 mètres, abritant commerces, hôtels, bureaux, appartements et autres commodités urbaines. Sur fond de crise économique, l’émirat arabe fait ainsi un gigantesque pied de nez à la tour Taipei en la surplombant de 300 mètres. J’en connais au Guinness Book des Records qui doivent tout décaler dans leurs classements des édifices mondiaux, mon dieu que la vie est compliquée.

Je connais aussi un psychanalyste autrichien qui rigolerait un bon quart d’heure des implications symboliques d’un tel membre pénien en plein centre urbain; mais plutôt que de vous parler d’érection de monument, je voulais plutôt vous entretenir aujourd’hui au sujet du concept d’hybris chez les Grecs.

Tibert est imbattable en dendro-chronologie

Les sages hellènes n’avaient pas la notion de péché au sens judéo-chrétien. Ils avaient bien une notion de pêcher (pour leur fameuses tartes), et aussi une notion de pêcher (pour leurs fameuses fritures), mais de péché capital, il n’y avait goutte. Les Grecs considéraient bien plutôt l’orgueil comme notion centrale des pulsions à éliminer, et à l’extrême, la célèbre ubris ou hybris, qui signifie la démesure, le dépassement à outrance, le fait de succomber à une vile passion.

C’est le fameux jeu de celui-qui-pisse-le-plus-loin.

Je n’ai absolument rien contre la compétition quand elle permet de s’évaluer par rapport à soi-même, de servir comme un facteur de motivation par rapport aux autres, de pousser au dépassement de soi. Usain Bolt qui bat le record du 100 mètres, disons-le franchement, c’est beau. Mais lorsqu’on cherche à épater son voisin pour une bête histoire de longueur de jet / de hauteur de tour, il n’y a pas de quoi être fier. Par le passé, l’hybris a d’ailleurs perdu plusieurs conquérants, qui, par orgueil, se sont permis le mouvement de trop: Icare, Alexandre le Grand, Napoléon, Hitler, la grenouille qui voulait se faire aussi grosse que le bœuf, Gargamel dans « la Soupe au Schtroumpfs »…

Alors quand Dubaï est fière de son oeuvre, quand les médias s’extasient sur le fait que « c’est tout de même beau les réalisations de l’homme », moi je m’esclaffe tendrement en me disant que c’est plus sain de se concentrer sur l’essentiel et de pisser assis.

En plus, ça permet de lire un bon bouquin.

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Tirer le diable par la queue

Poème SMS n°7 (les poèmes SMS font exactement 160 signes, espaces compris)

La putain des Enfers
Court après les clients
Elle a de quoi s’en faire
Jusqu’à branler Satan
Quelle action singulière
Franchement!
Tirer le diable par la queue!

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Poésie

Bouche bée

Poème SMS n°6 (les poèmes SMS font exactement 160 signes, espaces compris)

Bouche B:

elle m’a U

en m’offrant
un petit T

elle m’a dit
bouche B

porte-moi
dans les R

j’ai ôté son
p’tit O

je l’ai prise
sous les L
parce que j’M
son p’tit Q

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